Marguerite de Pontevès

Une sépulture improbable pour une femme de caractère...

Les auteurs anciens qui ont écrit sur l’histoire de la noblesse Provençale sont unanimes, ils vantent tous les mérites et la grandeur de la prestigieuse Maison de Pontevès à laquelle appartient Marguerite; énumérant une liste étonnante d’hommes remarquables

qui tous ont œuvré pour le Royaume de France :

"4 chevaliers croisés, 1 capitaine-général, 3 évêques, 5 grands-sénéchaux, 5 lieutenants-généraux, 2 chambellans des rois de Naples,

1 généralissime des armées catholiques de Provence, 7 premiers consuls d’Aix-en-Provence, 1 aumônier du Roi et de la Reine, 1 contre-amiral, 3 chevaliers de l'ordre de Saint-Michel, 1 chevalier de l'ordre du Saint-Esprit et 27 chevaliers de Malte dont 3 commandeurs..."

En mars 1551, Marguerite de Pontevès épouse Gaspard de Forbin-Janson, fils d'une Maison non moins illustre. Un contrat de mariage aurait été établi à Aix le 31 mars1551 ; cette information ne peut être vérifiée, il semblerait que l'acte ait disparu à la révolution lors de la dévastation du château de la Verdière ayant appartenu aux Forbin.

Le couple Marguerite x Gaspard aura cinq enfants dont Marguerite de Forbin-Janson future épouse de Charles d’Arcussia

«le fauconnier», grand-père du chevalier Louis d’Arcussia.

C’est dans les dossiers de preuves des chevaliers de Malte appartenant à la famille d’Arcussia que nous trouvons la confirmation de ce lien de parenté.

 

Dossier de Preuves de

Charles d’Arcussia

- chevalier de Malte en 1630 - 

 frère cadet du chevalier Louis d’Arcussia :

Lien de parenté 

également justifié par les dossiers de Preuves pour Malte des frères :

Henri et Charles d’Arcussia,

 oncles paternels de Louis, admis dans l’Ordre en 1597, fils de

Charles d’Arcussia le célèbre fauconnier et de Marguerite de Forbin-Janson.

 

Composition à partir d'images empruntées à la BNF

Les dossiers de preuves sont définitivement très précieux pour les généalogistes !

Les témoignages qui y sont exprimés ne pouvant être contestés, considérant la rigueur avec laquelle ils sont collectés par les commissaires enquêteurs, nous pouvons les considérer comme des preuves officielles au même titre que les registres paroissiaux et les Minutiers des notaires.

Le chevalier Louis d’Arcussia est sans équivoque l’arrière petit-fils de Marguerite de Pontevès, laquelle est l'épouse de Gaspard de Forbin-Janson, et la fille de Reforciat de Pontevès seigneur de Pontevès & de Balthazarde de Vintimille de la branche de Turriers.

Les couleurs de la Provence

Pontevès,

un village dans le Var...

Photos Ch.M.A.

Carte de Cassini : Pontevès / Esparron de Pallières (Var)

En 1553, au décès de Gaspard de Forbin, un tuteur fut désigné pour administrer les biens et droits du fils ainé du couple :Melchior de Forbin qui à la disparition de son père est encore mineur. C’est à Monsieur de Lafare que fut confiée cette mission.Cependant, Marguerite aurait usé de son autorité en s’emparant de cette tâche. Abusant du pouvoir qu’elle détenait, elle aurait dépouillé son fils d’une grande part de son héritage. Le 6 avril 1588, Melchior, devenu majeur, entreprend une action en restitution contre sa mère Marguerite de Pontevès. Il présente une requête auprès du parlement de Provence, demandant que lui soient restituées les sommes considérables que cette dernière avait captées aux dépens de son héritage. Il fait également état de dépenses qui lui auraient été comptées indûment par sa mère : « [...] le prix de ses aliments et entretènements durant cinq ans qu’il avait été page de feu M. de Montmorency, quoiqu’elle n’eût eu aucune dépense à faire; elle avait payé de grandes sommes à ses filles Diane et Lucrèce de Forbin, et à leurs maris, du propre argent du suppliant […] ». Le 27 avril 1588 justice est rendue en faveur de Melchior. Le juge considère que les agissements de Marguerite dans affaires de Melchior ont gravement porté atteinte aux intérêts de son fils et cela « pour de grandes sommes ». Ajoutant, en autres choses, que Marguerite de Pontevès abusant de son autorité, aurait fait signer à Melchior des quittances à « son très grand préjudice », le juge ordonne « de faire rendre compte »... En 1607, sentant sa fin approcher, Marguerite songe à dicter ses dernières volontés.

Pertuis le 18 juillet 1607. 

Testament de  Marguerite de Pontevès :

 Notaire Raimond Ollivier

* 3000 livres pour frais de funérailles

* 150 livres pour des « grand-messes chantées » hebdomadairement 

* 75 livres pour une « basse messe »

* Elle nomme ses héritières particulières qui seront ses trois filles :

Diane, Lucrèce et Marguerite de Forbin les dames de Cuges, de Pourrières et d’Esparron;

* Elle nomme également un héritier particulier : son fils An(n)ibal de Forbin, seigneur de la Roque.

* Attribue des pensions annuelles à trois de ses petites filles :

Marguerite, religieuse à Sainte-Claire de Marseille & Diane, religieuse à Cavaillon, deux des filles d’Annibal; 

Sibille d’Esparron, la fille de Charles d’Arcussia et Marguerite de Forbin, laquelle Sibille est religieuse à Sainte-Claire d’Aix.

* Puis désigne son héritier universel ce sera son fils aîné Melchior, baron de Villelaure, seigneur de Janson et de Mane.

*  Elle veut et ordonne que sa dépouille soit placée dans l’église des Carmes de Pertuis

[ ville de laquelle son défunt mari Gaspard fut Gouverneur, sans doute y habitait-elle ] près du grand autel, du côté de la sacristie.

Ce qui fut fait. Deux jours après la dictée de son testament, Marguerite de Pontevès décède…

 Christine  Martinez-Augias  *

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