Fin Janvier 2014

Les recherches se poursuivent au sein des archives...

Un  testament ?

… Il tombe du ciel …

 

 1655, testament du "chevalier d’Esparron"  

Louis est sur le départ pour Malte, inquiet de ne pas en revenir, il dicte ses dernières volontés, " de sa propre bouche ", devant témoins

- de ce cas le testament est dit nuncupatif - dans l’éventualité où il lui arriverait malheur…

La transcription du document n’a pas été simple, elle s’est faite à plusieurs mains.

Le contenu de ce texte est véritablement déterminant, il comporte deux révélations capitales :

Première révélation :

 Après avoir, en bon catholique, énoncé ses souhaits relatifs à la célébration de messes et avoir songé à donner aux pauvres et nécessiteux ainsi qu’aux ecclésiastiques d’Esparron, il nomme son "héritier universel" :

  « Messire Jehan Baptiste d’Arcussia Seigneur dudit Esparron son frère… »

  Preuve indirecte de la  filiation du Chevalier Louis :

Le testateur, Louis d’Arcussia, est, par lui dit, le frère de Jean-Baptiste d'Arcussia, seigneur du lieu d’Esparron, Ils sont, de ce fait, tous deux les enfants de François d'Arcussia et sans doute de Louise de Blancard. Le document est assez long, neuf pages.

Le rédacteur, Maître Blanc, n’a probablement pas songé qu’il allait être lu... 350 ans plus tard !…

La lecture est ardue. Au fur et à mesure que l’on avance dans le déchiffrage de l’acte, le graphisme est de plus en plus difficile à appréhender, la fatigue du notaire se fait perceptible ! Et la nôtre également...

Cependant, ce manuscrit nous apporte un éclairage primordial sur les proches, très proches, de notre cher chevalier Louis.

 Deuxième révélation :  Louis nomme ses « Héritières particulières » :

1/ « Théréze, Magdeleine, Anne et Marguerite, filhes naturelles de la maison… ». 

Filles naturelles ? En conséquence ce sont ses filles biologiques...

2/ Honorade Rebufat ...sa compagne mère de ses filles !

« [...] en considération des grandes peynes et soins qu’elle a pris durant quinze années ou environ… » 

La voilà la preuve ! Madeleine d’Arcussia, épouse Nielly, est la fille biologique de Louis, chevalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem…Mais elle a aussi deux autres sœurs dont nous ignorions l’existence jusqu’à présent : Thérèse et Marguerite, sans compter bien sûr, Anne dont nous avons déjà parlé… Puis, deux ans après la dictée de ce testament, naîtra, à Ginasservis, Jean-Baptiste le futur époux de demoiselle Audibert...

 

"Frère Louis" est, à ce jour, le père de cinq enfants connus.

Surprenant alors qu’il est censé avoir fait vœu de chasteté... Mais il ne serait pas le seul Chevalier de Malte à avoir eu une descendance

Considérant, qu’il est aujourd’hui certain - grâce au dossier de dépouilles - qu’il sera chevalier de Malte jusqu’à sa mort, il est complexe expliquer ce qui a poussé les autorités de l’Ordre à autoriser la reconnaissance de ses enfants.

Ces reconnaissances consenties ont néanmoins permis à Louis de transmettre son patronyme à ses descendants.

Ce texte résout certains points fondamentaux, en cela c'est une belle découverte. Toutefois, il soulève des questions embarrassantes.

Nous savons, que les Chevaliers de Malte ont une liberté de tester réduite et soumise à autorisation très stricte…

Pourquoi cette vente aux enchères de quelques « chiffons » seulement ?

Louis possédait-il un patrimoine personnel dissimulé à l'Ordre ?

Dans ces conditions quelle est la validité juridique du testament de Louis ?

Extrait du testament de :

"Monsieur frère Louis d’Arcussia d’Esparron, chevalier de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem

lequel étant dans la veille d’aller faire tout présentement le voyage de Malte avec l’assistance de Dieu

et y faire résidence durant quelques temps pour le service de la religion,

de parce que pendant son voyage ou durant le temps du susdit (sé)jour

qu’il pourrait faire en ladite ville de Malte ou ailleurs

pourrait avoir infirmité et maladies sur sa subsistance

et la mort s’en suivre ce qui l’apporte et

oblige de faire son dernier et valable testament nuncupatif"

 

 

Reconnaissance et légitimation :
La légitimation suppose le mariage, même si depuis des années récentes, il a été possible exceptionnellement de légitimer un enfant hors du mariage.
La distinction, en droit, a disparu récemment en 2009. L'enfant naturel ayant les mêmes droits, quelle que soit sa filiation.  A l'époque de ces naissances, sous l'ancien régime, la légitimation "post nuptias" ne pouvait avoir lieu que par l’intervention du roi (cf. Recueil de copies de pièces, contenant les actes de légitimation rendus par les rois de France,d’Henri II à Louis XIV).

Les enfants nés hors mariage, étaient des bâtards, même s'il n'y avait aucune connotation péjorative. En effet, les rois avaient des enfants bâtards qu'ils pouvaient titrer et doter et qui avaient accès à la Cour au même titre que les enfants légitimes.

A fortiori si Honorade n'a pas épousé le père de ses enfants puisque Louis a appartenu à L’Ordre jusqu’au jour de son décès, il ne peut pas y avoir eu légitimation. Il serait alors préférable de choisir le terme de reconnaissance au détriment de celui de légitimation.

 

Croix

Francis A. 2010, dessin original.

Croix

 Christine  Martinez-Augias  *

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Bonne visite 

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