Quelquefois la curiosité est très bien récompensée.

 

Le contrat de mariage établi entre André Toupin et Madeleine Martine, daté du 15 septembre 1670, nous éclaire sur les parties en présence. Rédigé par Maître Blanc, notaire à Saint-Martin-de-Pallières, il est signé dans la « maison d’habitation » d’Honorade Rebufat à Esparron-de-Pallières.

 

 

A propos du futur époux André Toupin, le notaire rapporte :

«  […] mariage soit été tracté  conclu

et arrêté s’accomplira, Dieu aidant,

entre Honnête homme André TOUPIN ,

maître cordonnier du lieu de Saint Paul

lès Durance , fils d’André et de

Genefvièfve Plantat d’une part … »

 

Notons: Plantat et non Plantard comme lu sur l'acte de remariage d'André avec la demoiselle Pourpre en 1688.

Les informations que nous avons antérieurement collectées sur la filiation d’André Toupin dans son acte de mariage du 16 février 1688 à la Tour d’Aigues, le jour de sa seconde union avec Adrienne Pourpre, vont être d’une aide capitale. 

Nous savons depuis lors que les parents d’André Toupin sont André et Geneviève Plantat. C’est précisément cette filiation qui est reprise par Maître Blanc dans le contrat de mariage Toupin x Martine.

De plus, il est fait mention de la profession d’André : au moment de la signature du contrat, il est cordonnier à Saint-Paul-lez-Durance - cela aussi nous le savions.

Les informations fournies par le notaire de Saint-Martin permettent, sans crainte de confusion, d’affirmer qu’André Toupin - futur époux en 1670 de Madeleine Martine - et André Toupin - père des sept enfants de Madeleine d’Arcussia - sont une seule et même personne.

Forts de cette certitude, il est aisé d’en déduire que Madeleine Martine et Madeleine (Martine) d’Arcussia sont également une seule et même personne.

Toutefois, la filiation de Madeleine telle qu’elle est précisée dans son contrat de mariage va se révéler très surprenante.

 

 

A propos de la future épouse Madeleine Martine :

les données communiquées par le notaire sur sa filiation appellent à la réflexion…

 

« […]  et

honnête fille Magdalaine MARTINE

fille à feu Claude et de Honnorade

Rebuffade ses père et mère … »

 

L’histoire - déjà si peu banale - de Louis d’Arcussia, chevalier de Malte père de famille nombreuse, accuserait-elle un nouveau rebondissement ?

 

Un protagoniste entre en lice en la personne de Claude Martin .

Nous avions été bien inspirées, Hélène P. et moi même, de ne pas parier sur un incident de lecture :

Le « Claude » relevé est véritablement un « Claude », pas de Louis en course ! Pas même une de ces périphrases dont les notaires ont le secret nous laissant imaginer que Louis pourrait être dans les parages de cette filiation …

 

Cependant, l’analyse objective des données en notre possession ne laisse guère de place au doute.

Il s'agit vraisemblablement  du mariage d’une des filles « de la maison d’Esparron » une Troisième Madeleine, fille de Louis d’Arcussia et cela bien que le notaire fasse mention de la paternité d’un autre homme : Claude Martin.

Les éléments recueillis parlent d’eux-mêmes :

 

  • Grâce à sa filiation, mentionnée dans le contrat de mariage avec Madeleine et dans l’acte de remariage avec la demoiselle Pourpre, nous savons qu’il n’existe qu’un seul André Toupin et que la mère de ses enfants se nomme Madeleine d’Arcussia.

  • Dans tous les actes de baptême et de mariage de ses enfants, Madeleine est toujours appelée d’Arcussia, même s’il arrive quelquefois que ce patronyme soit précédé de « Martine »  et cela même lorsqu’elle décède en 1687, le prêtre et son époux, qui est le déclarant,  la nomment d’Arcussia.  Sauf à supposer qu’elle ait usurpé ce patronyme avec la complicité des prêtres et vicaires qui ont enregistré les actes officiels ponctuant sa vie d’épouse, il apparait qu’elle appartient à la famille d’Arcussia, dont l’un des membres lui a transmis son patronyme.

  • Nous savons par le notaire Maitre Blanc que la mère de la future épouse se nomme Honorade Rebufat et qu’elle réside à Esparron-de-Pallières, c’est d’ailleurs dans sa maison d’habitation que le contrat de mariage de sa fille est établi le 15 juin 1670.  S’il est vrai que le prénom Honorade et le patronyme Rebufat sont couramment portés à cette époque, la probabilité qu’une Honorade Rebufat mère d’une fille d’Arcussia ne soit pas la Honorade Rebufat, compagne et mère des enfants de Louis d’Arcussia, est extrêmement faible. Le père présumé de Madeleine épouse Toupin serait donc Louis d’Arcussia avec lequel Honorade a déjà eu six enfants dont Louis, pétri d’un grand sens de ses responsabilités et bien que moine soldat, a reconnu la paternité.

  • Un autre élément tend à confirmer cette thèse, nous le relèverons parmi les personnages qui assistent l’époux au moment de la signature du contrat de mariage : François Plantat, l'oncle maternel d'André Toupin ...

« […] ledit André Toupin dument assisté

de la présence et consentement de sondit

père, de Maitre François Plantat lieut[enant]

de juge du lieu de Ginasservis son

oncle maternel […] 

Souvenons-nous : 

 Ginasservis, le 23 mai 1652, lors du baptême de la petite Anne fille d’Honorade Rebufat, reconnue postérieurement  par « noble Louis d’Arcutia »  le parrain de l'enfant était un certain François Plantat et la marraine Madeleine Plantade...

François Plantat,

 

l’oncle maternel d’André Toupin, qui assiste le futur époux à la signature du contrat de mariage en 1670 passé avec Madeleine Martine, serait-il le même François Plantat parrain d’Anne d’Arcutia en 1652 ?

Il nous parait indispensable de vérifier cette hypothèse car, si cela se révélait exact, nous serions en présence de familles ayant des liens affirmés et très proches. En effet, le choix du parrain dans la religion catholique est très formalisé.

Le parrain s'engage à soutenir son filleul durant toute sa vie de chrétien, il est celui qui l’aidera à grandir dans la foi de Dieu. Une parenté spirituelle s’établit entre eux. En acceptant de devenir parrain, celui-ci prend l’engagement moral de participer à l'éducation de son filleul. Dans le cas où l’un des parents décède son rôle devient primordial, c’est à lui que revient la charge de l’éducation de son filleul. Les parents, le choisissent normalement avec beaucoup de soin, soit au sein de la famille, soit parmi les amis intimes…

François Plantat serait-il un intime des parents d'Anne d'Arcutia ?

 

 

 Christine  Martinez-Augias  *

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